03.03.2019     0

Constipation


La constipation: de quoi parle-t-on?

La constipation est un symptôme caractérisé par un retard ou une difficulté à évacuer les selles. Cela survient s’il y a moins de trois selles par semaine, ou si les selles sont dures et sèches et difficiles à évacuer.

On distingue la constipation due à un problème de «transit», la plus fréquente, de la constipation «terminale», également appelée dyschésie rectoanale, qui est un trouble d’évacuation des selles au niveau du rectum et de l’anus.

Quels sont les risques et les enjeux sanitaires de la constipation?

Le plus fréquemment, la constipation est un trouble bénin, qu’il convient toutefois de ne pas négliger car à la longue il peut entraîner des complications: fissures anales ou hémorroïdes. La constipation peut être aussi le signe d’une maladie grave: cancer colorectal, diverticulite, hypothyroïdie, maladie de Parkinson.

Il faut savoir identifier les signes d’alerte: présence de sang dans les selles quel que soit l’âge, après 50 ans une majoration ou une apparition des symptômes ; constipation, douleurs abdominales.

Quant aux dyschésies rectoanales, elles ne doivent pas être banalisées, entraînant à long terme des altérations anatomiques du périnée avec un retentissement urinaire (incontinence) et sexuel (atténuation du plaisir).

Quels sont les mécanismes de la constipation?

Dans la constipation dite «de transit», les selles stagnent dans le côlon. Dans la constipation dite «terminale», elles s’accumulent dans le rectum.

Alors que la «constipation terminale» est souvent liée à une séquelle de chirurgie de l’anus, un traumatisme obstétrical ou accidentel, la «constipation de transit» est liée à un problème de motricité intestinale. Ce terme désigne les contractions et relâchements de l’intestin permettant aux selles de se déplacer dans l’intestin.

Ainsi tout ce qui perturbe cette motricité intestinale peut entraîner une constipation de transit: à savoir très souvent de mauvaises habitudes alimentaires (repas pauvres en fibres), ou/et la sédentarité. Sont également incriminés le stress et l’anxiété.

De nombreux médicaments induisent une constipation, par exemple: neuroleptiques, antidépresseurs, antalgiques de niveau II contenant de la codéine, antiacides avec aluminium, et certains suppléments de fer. Enfin, se retenir d’aller à la selle alors que le besoin est là et pressant est une cause fréquente de constipation.

Comment se manifeste la constipation?

La constipation de transit se manifeste par des selles qui sont dures et rares. Il n’y a pas de difficulté d’évacuation.

En cas de constipation «terminale», la défécation semble incomplète ou difficile. Des efforts de poussée importants et répétés sont nécessaires. Dans les deux cas, la constipation s’accompagne de ballonnements et de malaises intestinaux, plus ou moins associés à des douleurs abdominales (coliques).

Avec quoi ne faut-il pas confondre la constipation?

Avec une occlusion intestinale, qui néanmoins se distingue par des signes évocateurs: douleurs (coliques) intenses d’installation brutale, ballonnement abdominal, arrêt des gaz, vomissements plus ou moins importants.

Y a t-il une prévention possible de la constipation simple?

Oui, dans tous les cas une alimentation équilibrée et variée est indispensable (son, farine de blé entier et de seigle, fruits frais sauf les bananes, fruits secs, légumes à l’exception des pommes de terre). La dose quotidienne de fibres nécessaire est de 15 à 20 g.

Éviter la sédentarité par des activités physiques simples (marcher pour aller au travail ou faire ses courses)

Pour ne pas avoir envie d’aller à la selle quand on ne dispose pas de temps ni de toilettes acceptables, on peut éduquer sa vie digestive. Se lever plus tôt pour que le petit-déjeuner ait le temps de déclencher une selle avant de partir au travail. Il faut aussi se présenter à la selle à heure fixe même sans envie au début et sans jamais forcer (juste s’asseoir tranquillement 10 minutes) pour inciter l’intestin à exonérer au «bon moment de la journée».

L’utilisation de laxatifs doit rester occasionnelle et prudente car certains à base de plante (séné) peuvent être toxiques pour le tube digestif s’ils sont employés de façon prolongée.

À quel moment consulter?

Lorsque la constipation retentit sur la qualité de vie quotidienne, s’il y a des troubles de transit inhabituels (constipation, diarrhée), s’il y a du sang dans les selles ou s’il y a des douleurs abdominales.

Comment préparer la consultation avec le médecin?

Répertoriez les circonstances qui ont pu déclencher le symptôme: choc affectif, intervention chirurgicale, modification de votre alimentation (voyage), médicaments, nouveau mode de vie (sédentarité), impératif professionnel rendant impossible le fait d’aller à la selle.

Que fait le médecin?

Il fait un examen complet pour vérifier que la constipation est simple et isolée. L’inspection de l’anus est nécessaire pour rechercher fissures anales ou hémorroïdes. Il peut effectuer un toucher rectal, et chez la femme un toucher vaginal pour rechercher une altération du périnée.

Il peut décider des explorations supplémentaires si la constipation est liée à une maladie plus générale (hypothyroïdie) ou à un traumatisme (accouchement délabrant). Dans le cas de dyschésies rectoanales, une rééducation du sphincter peut être envisagée.


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