03.03.2019     0

Embolie pulmonaire


Qu’est ce qu’une embolie pulmonaire?

L’embolie pulmonaire correspond à l’obstruction de l’une des deux artères pulmonaires par un caillot (thrombose) issu le plus souvent d’une veine touchée par une phlébite. Selon le niveau de l’obstruction et le diamètre du caillot, tout ou partie du poumon irrigué par l’artère pulmonaire n’est plus vascularisé. Cette obstruction se traduit par une insuffisance respiratoire aiguë et une défaillance cardiaque qui peuvent être fatales. C’est alors la classique et redoutable embolie massive avec arrêt cardiaque d’emblée.

Quels sont les enjeux sanitaires d’une embolie pulmonaire?

L’embolie pulmonaire concerne environ 100 000 personnes par an. La maladie récidive fréquemment (10% au bout de 1 an, 50% à 5 ans et 30% à 10 ans).

Quels sont les risques d’une embolie pulmonaire?

L’embolie est une cause importante de mort: 10% des malades décèdent. Tout dépend de l’importance du territoire pulmonaire privé de sang et donc du caractère obstructif complet ou non de la thrombose. L’âge avancé est un facteur de risque de décès.

Quels sont les mécanismes d’une embolie pulmonaire?

70% environ des embolies pulmonaires sont liées à une phlébite des membres inférieurs (thrombose veineuse profonde) et plus rarement à une phlébite qui siège dans une veine du petit bassin ou dans la veine cave inférieure (grosse veine qui draine le sang provenant des membres inférieurs). C’est la stase veineuse, autrement dit le ralentissement de la circulation sanguine, qui favorise l’apparition du caillot. Il se détache d’autant plus facilement qu’il s’est formé depuis moins de 5 jours et qu’il bouge, lors du lever après un alitement prolongé (domicile ou hôpital) par exemple.

D’autres circonstances favorisent l’embolie pulmonaire par phlébite: pose d’un plâtre de jambe en cas de fracture ou d’entorse (le plâtre favorise la stase veineuse), intervention chirurgicale de moins de 3 mois, mauvaise circulation sanguine, terrain variqueux. Il faut se méfier aussi des situations entraînant une hypercoagulabilité (quand le sang a tendance à coaguler trop facilement): tabagisme, obésité, cancer, grossesse, accouchement et jours qui suivent, insuffisance cardiaque, contraception orale.

Quels sont les symptômes de l’embolie pulmonaire?

L’embolie pulmonaire est souvent discrète: moins de 40% des embolies pulmonaires sont diagnostiquées. On doit systématiquement évoquer une embolie pulmonaire devant une douleur thoracique brutale, semblable à un point de côté ou un coup de poignard. Il faut évoquer le diagnostic quand la douleur augmente à l’inspiration et s’accompagne d’une angoisse inexpliquée, d’une difficulté respiratoire soudaine, une toux, un malaise lors d’un lever.

Bien sûr l’apparition d’une fièvre à 38 °C, d’une cyanose des extrémités (coloration bleutée) ou encore d’une tachycardie (accélération du rythme cardiaque) est alarmante. Plus tardivement apparaissent des crachats sanglants (hémoptysie).

Avec quoi ne pas confondre?

Une bronchite aiguë, une péricardite (inflammation de l’enveloppe qui entoure le cœur), un asthme, un infarctus du myocarde, une pneumopathie ou encore une infection de la vésicule biliaire (cholécystite) peuvent simuler les symptômes d’une embolie pulmonaire.

Y a-t-il une prévention possible?

Oui. Elle est identique à celle des thromboses veineuses des membres inférieurs. La prévention de l’embolie repose notamment sur le lever précoce après une intervention chirurgicale ou un accouchement, la mobilisation active des membres inférieurs, le port de bas ou de chaussettes de contention et la prescription d’un anticoagulant (héparine dite «de bas poids moléculaire» ou HBPM). Lorsqu’il existe des embolies pulmonaires récidivantes, le chirurgien peut interposer un filtre sur la veine cave inférieure afin d’éviter la remontée d’éventuels caillots en provenance des veines des membres inférieurs.

Quand appeler le médecin?

En urgence, lors d’une douleur thoracique brutale et inexpliquée semblable à un point de côté; surtout si elle s’accompagne d’une difficulté respiratoire, d’une toux et d’un malaise.

Comment préparer la consultation?

Récapituler son traitement, les événements des dernières semaines, apporter son carnet médical et si possible, le dernier électrocardiogramme pratiqué par le médecin.

Que fait le médecin?

L’hospitalisation en urgence est indispensable pour confirmer le diagnostic et traiter l’embolie pulmonaire. Le médecin doit tout d’abord affirmer le diagnostic par: un électrocardiogramme (ECG), une radiographie pulmonaire, une étude des gaz du sang, un dosage sanguin de certains marqueurs (D-dimères) et enzymes et surtout une scintigraphie pulmonaire.

D’autres examens peuvent être prescrits selon les cas: angiographie (opacification des vaisseaux), angioscanner spiralé. De son côté, l’échodoppler des membres inférieurs (examen par ultrasons des vaisseaux) va permettre de retrouver la thrombose veineuse en cas de phlébite.

Une fois le diagnostic d’embolie pulmonaire confirmé, le médecin va prescrire des anticoagulants (héparine ainsi que des anticoagulants appartenant à la famille des antivitamines K) pendant une durée qui dépend de la sévérité de l’embolie. Il est parfois nécessaire de pratiquer une fibrinolyse qui consiste à injecter par voie intraveineuse un médicament qui va dissoudre le caillot. Le repos au lit et la mise sous oxygène viennent compléter le traitement. La contention veineuse est indiquée en cas de phlébite.


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