25.02.2019     0
 

Insuffisance cardiaque


Insuffisance cardiaque: de quoi s’agit-il?

L’insuffisance cardiaque se définit par l’incapacité du cœur à assurer ses fonctions de pompe cardiaque et donc un débit sanguin adapté aux besoins de l’organisme.

L’insuffisance cardiaque limite les capacités physiques à cause notamment de l’essoufflement. Pour compenser l’insuffisance et maintenir un débit sanguin suffisant, le cœur s’accélère et peut se dilater, ce qui risque d’aggraver la maladie (perte d’étanchéité des valves cardiaques, par exemple).

L’insuffisance cardiaque, maladie chronique, peut être stabilisée par les traitements; elle est souvent la conséquence d’une autre maladie du système cardio-vasculaire (maladie des valves cardiaques, des artères coronaires, hypertension artérielle).

Quels sont les risques et les enjeux sanitaires de l’insuffisance cardiaque?

Le risque d’insuffisance cardiaque augmente avec l’âge. Vieillissement de la population mais aussi amélioration de la survie après un infarctus du myocarde favorisent le nombre de patients atteints. On estime que 1 à 3% de la population générale est touchée et plus de 5 % après 75 ans.

L’insuffisance cardiaque est une maladie grave représentant la première cause d’hospitalisation chez l’adulte en France.

Quels sont les mécanismes de l’insuffisance cardiaque?

Le cœur est une pompe musculaire dont le rôle est d’apporter aux organes un sang riche en oxygène. En cas d’insuffisance cardiaque, le cœur pompe mal, les organes comme le rein sont mal approvisionnés, l’élimination de sel et d’eau par les urines est diminuée et le sang stagne dans les poumons, situés en amont du cœur.

Les causes peuvent être cardiaques (infarctus, maladies des valves) ou extracardiaques (poumons, maladie de la thyroïde). Pendant des années, des mécanismes compensateurs ou d’adaptation cardiaque permettent une vie normale mais à la faveur d’une aggravation de la maladie ou d’une infection, une décompensation cardiaque comme un œdème aigu du poumon par exemple peut survenir.

Comme toutes les maladies cardio-vasculaires, tabac, hypertension, diabète, cholestérol, sédentarité et excès de poids sont autant d’ennemis.

Comment se manifeste l’insuffisance cardiaque?

L’insuffisance cardiaque peut être asymptomatique au tout début de la maladie, l’organisme compensant les signes.

Fatigue, essoufflement (appelée dyspnée) d’abord à l’effort puis au repos à un stade plus avancé sont les symptômes de l’insuffisance cardiaque. La position couchée est inconfortable et majore la dyspnée: le nombre d’oreillers pour dormir est un bon reflet de la sévérité de l’insuffisance cardiaque.

En cas de décompensation cardiaque, l’essoufflement est important avec parfois la sensation d’étouffement (le patient cherche l’air); on parle d’œdème aigu du poumon.

D’autres signes apparaissent quand l’insuffisance cardiaque est globale: les jambes et chevilles gonflent, le foie est gorgé de sang que le cœur ne peut plus pomper, responsable de douleurs sous les côtes du côté droit.

Avec quoi ne faut-il pas confondre l’insuffisance cardiaque?

Les œdèmes des jambes et chevilles peuvent être dus à d’autres causes que le cœur. Par exemple, un œdème isolé, sur une seule jambe, doit faire évoquer une phlébite. Moins grave, l’apparition de jambes lourdes et gonflées en fin de journée traduit une insuffisance veineuse débutante.

De même, l’essoufflement est un symptôme fréquent en médecine qu’il convient de ne pas négliger; les causes sont nombreuses: affections pulmonaires, anémie.

Y a-t-il une prévention possible à l’insuffisance cardiaque?

La lutte contre les facteurs de risque cardio-vasculaire fait partie du traitement pour tous.

Le tabac est à proscrire, de l’exercice physique s’impose sous contrôle médical (30 minutes trois fois par semaine) et l’alimentation doit être adaptée. Un régime peu salé est conseillé (éviter charcuterie, fromage, pain, jambons prédécoupés, huîtres) et des sels de remplacement sont disponibles.

En cas d’insuffisance cardiaque favorisée par la prise excessive d’alcool, il faudra réduire voire supprimer toute consommation.
En cas d’hypertension artérielle, celle-ci sera corrigée par des médicaments antihypertenseurs.

À quel moment consulter?

La respiration est normalement un phénomène involontaire; dès que respirer demande un effort volontaire, il est souhaitable de consulter son médecin pour éliminer une insuffisance cardiaque notamment.

Que fait le médecin?

Le médecin précisera les symptômes par son interrogatoire et un examen clinique complet. Il recherchera des signes d’insuffisance cardiaque gauche à l’auscultation au stéthoscope et droite avec les œdèmes des membres inférieurs et la douleur au foie. Un électrocardiogramme (ECG) doit compléter l’examen.

D’autres examens, en lien avec le cardiologue, sont à réaliser. Il s’agit le plus souvent d’une radiographie des poumons (cœur augmenté de volume, œdème pulmonaire), d’un bilan sanguin et d’une échographie cardiaque (pour étudier la cause et la fonction cardiaque).

Un traitement est ensuite prescrit pour stabiliser l’insuffisance cardiaque et dépend de la sévérité de la maladie. Trois types de médicaments sont généralement prescrits: un diurétique, un inhibiteur de l’enzyme de conversion (IEC) et/ou un bêtabloquant.

Comment préparer ma prochaine consultation

Les médicaments prescrits le sont généralement à vie, à prendre régulièrement sans jamais les arrêter sans avis médical.
La surveillance du poids est un élément important car une prise de poids peut indiquer une rétention d’eau et de sel, témoin d’aggravation. Poids, symptômes (essoufflement, œdèmes) et prise du traitement peuvent être utilement consignés sur un carnet de surveillance; ce carnet vous aidera lors de la prochaine consultation avec le médecin traitant ou le cardiologue (au moins deux fois par an).


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