19.02.2019     0
 

Le cancer du foie


A quoi sert le foie?

Le foie est un organe volumineux (1,5 kg en moyenne – le plus gros de notre organisme) situé dans la partie haute et droite de l’abdomen, sous les côtes. Il intervient dans de nombreuses activités. Il fabrique – entre autres – des éléments essentiels à une bonne coagulation du sang, ce qui contribue à éviter les hémorragies. Il produit la bile qui est nécessaire à la digestion des graisses.

Existe-t-il plusieurs types de cancer du foie?

On distingue deux types de cancer du foie:

• Le cancer primitif du foie ou carcinome hépatocellulaire (CHC) qui se développe à partir de cellules du foie.
• Le cancer secondaire, lorsque le foie est atteint par des cellules cancéreuses issues d’une autre localisation. On parle alors de métastases hépatiques.

Quelles sont les causes possibles d’un cancer du foie?

9 fois sur 10, le CHC se développe sur une cirrhose. La cirrhose est le résultat d’une lente transformation du foie en un organe dur à surface irrégulière. Le foie cirrhotique est constitué progressivement d’un tissu cicatriciel qui remplace peu à peu les cellules indispensables à son fonctionnement. La cirrhose représente un risque élevé de développer des nodules (structure arrondie et dure) qui pourront devenir cancéreux.

Les causes d’une cirrhose ne sont pas toutes limitées à l’alcool même si sa consommation excessive — et sur une longue période de la vie — est à l’origine de plus des deux tiers de la maladie en France. Les cirrhoses qui n’ont pas l’alcool pour cause peuvent être provoquées, notamment, par des hépatites virales (virus B, C, D), lorsqu’elles sont chroniques.

À côté de l’alcool et des hépatites virales, la cirrhose peut aussi être due à des maladies génétiques (hémochromatose, maladie génétique caractérisée par une surcharge en fer de l’organisme), une atteinte du système de défense immunitaire (hépatite auto-immune), une maladie du métabolisme.

Comment le cancer du foie se manifeste-t-il?

Si le cancer hépatique est si grave, c’est d’abord parce qu’il est souvent diagnostiqué tardivement. En effet, les maladies du foie sont généralement silencieuses: les modifications sont souvent imperceptibles et donc difficile à déceler, si bien que pendant de nombreuses années, la cirrhose peut exister sans symptôme ou avec des symptômes non caractéristiques. Ainsi, il est fréquent que la cirrhose et le cancer soient repérés en même temps.

Les symptômes suivants doivent conduire à consulter un médecin même si leurs causes peuvent être multiples et sans lien avec un cancer: douleurs au niveau du foie, fièvre, altération de l’état général (amaigrissement, perte de l’appétit, fatigue), ictère (coloration jaune de la peau), etc.

Lorsqu’il est identifié, le cancer du foie est souvent constitué de multiples petites tumeurs augmentant la complexité de la prise en charge thérapeutique.

Comment dépister un cancer du foie?

La prévention consiste à éviter l’apparition des maladies hépatiques. Connaître et éviter les risques de transmission, la vaccination contre l’hépatite B, etc. permettent de se protéger des hépatites virales. L’élimination d’autres facteurs de risque en particulier l’alcool ou l’obésité, le dépistage de l’hépatite C sont autant de solutions pour agir vite en cas de maladie et éviter les complications favorables au développement d’un cancer du foie.

Chez les patients cirrhotiques, la prévention consiste en la réduction des facteurs de risque et un dépistage régulier: tous les 4 à 6 mois, par une échographie associée à un dosage sanguin, le dosage de l’alpha-foetoprotéine (suivie en cas d’anomalie par une IRM, un scanner et éventuellement une biopsie). Toutefois, le cancer du foie reste un cancer difficile à dépister tôt.

Quels sont les traitements possibles?

Le traitement du CHC repose sur des stratégies qui prennent en compte les caractéristiques de la tumeur (le nombre et la taille, son développement) ainsi que l’existence (et la sévérité) de la cirrhose.

Le meilleur traitement curatif reste la transplantation hépatique, quelle que soit la cause de la cirrhose. Il s’agit d’une intervention chirurgicale lourde. La maladie ayant causé la cirrhose doit être guérie ou au moins stabilisée, et, en cas d’alcoolisme, le sevrage (arrêt de la consommation d’alcool) doit avoir été obtenu depuis plusieurs mois. Elle est néanmoins réservée à des patients âgés de moins de 65 ans et présentant un cancer assez limité et relativement peu agressif. En effet, la pénurie des greffons implique une attente moyenne de 6 à 12 mois, ce qui nécessite un «traitement d’attente» du cancer.

La transplantation impose, par la suite, une surveillance et un traitement permanents afin d’assurer la tolérance du greffon et d’éviter le rejet. Autre solution, l’exérèse chirurgicale (ablation d’une partie du foie) est habituellement indiquée pour les personnes présentant un cancer sans cirrhose (10% des patients) ou avec une cirrhose bien compensée. Elle reste toutefois plutôt réservée à des patients présentant une tumeur unique et conservant de bonnes fonctions hépatiques car la récidive de la tumeur au sein du foie cirrhotique est fréquente.

Alternative à la résection, la destruction percutanée des tumeurs peut être effectuée par alcoolisation (injection d’alcool absolu pour détruire les nodules cancéreux) ou par la radiofréquence (avec l’avantage de nécessiter moins de séances et une courte hospitalisation).

Cependant, dans 75% des cas, le recours à un traitement curatif est impossible. La chimio-embolisation (l’injection, dans l’artère hépatique, de chimiothérapie et de billes de «gel» qui vont boucher un maximum de l’artère et empêcher la vascularisation des nodules cancéreux) est un traitement qui concerne 20% des patients.

Actuellement une nouvelle approche thérapeutique est à l’essai: les molécules anti-angiogéniques visent à détruire les vaisseaux sanguins irriguant la tumeur ou empêcher leur développement.

Quelques chiffres

Le cancer du foie est la 5ème cause de cancer au niveau mondial: plus de 500 000 nouveaux cas sont diagnostiqués chaque année. Il est en augmentation, en particulier à cause de la progression de l’hépatite C. En France, on dénombre environ 6 000 nouveaux cas par an, le plus souvent chez les hommes.


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